Sécurisation de la vente en ligne de médicaments

  Samedi 10 août 2013 – Depuis que la vente de 4 000 médicaments ne  nécessitant pas de prescription est autorisée sur Internet, les arnaques ont commencé. Certaines ont pu être repérées comme les 11 sites illégaux épinglés dernièrement par l’Ordre national des Pharmaciens qui a mis en place une cellule de veille. Si les pharmaciens ont d’ores et déjà déclaré la guerre à ces pratiques illégales, les industriels de la santé, très concernés, se mobilisent aussi via leur fédération la Féfis. Parmi les actions prioritaires à entreprendre, ils demandent aux pouvoirs publics davantage d’encadrement et de sécurisation de la vente en ligne de médicaments tout en renforçant la coopération internationale.

« La sécurité des utilisateurs des produits de santé est conditionnée par le développement et la distribution de produits sûrs, efficaces et de qualité. C’est pourquoi la lutte contre la contrefaçon qui constitue un danger immédiat pour les patients et les consommateurs est l’un des axes prioritaires de nos actions » indiquait hier le communiqué de presse de la Féfis (Fédération française des industries de santé). Rappelons que la Féfis fédère, à travers ses douze organisations membres, plus de 1 000 entreprises produisant et commercialisant des produits de santé : médicaments à usage humain, médicaments vétérinaires, dispositifs médicaux, produits de diagnostic, chimie organique de synthèse, façonnage industriel et distribution en gros.

Le rôle renforcé de la France à l’international

Dans une note adressée aux pouvoirs publics, la Féfis les invite « à renforcer l’influence de la France sur l’élaboration des normes internationales en matière de sécurité des produits de santé et à jouer un rôle moteur dans le cadre des travaux de l’OMS sur les produits médicaux de qualité inférieure/faux/faussement étiquetés/falsifiés/contrefaits. » Pour la Féfis, la lutte anti-contrefaçon passe nécessairement par une coopération internationale renforcée et la ratification par la France de la convention Médicrime qui permettra de mettre en place un cadre pénal harmonisé au plan international. Cette convention n’entrera en vigueur qu’après la ratification du texte par au moins trois pays membres du Conseil de l’Europe.

Vente illicite de médicaments sur Internet : la guerre est déclarée

Sensibiliser le public, les professionnels de santé et les entreprises est le deuxième objectif fixé par la Féfis qui considère que la communication et l’éducation de l’utilisateur des produits de santé sont fondamentales pour lutter efficacement contre la falsification et la contrefaçon. « Il est tout aussi important de sensibiliser les professionnels et personnels de santé qui sont en contact direct avec le patient-utilisateur » précise aussi la Féfis qui encourage et soutient l’ensemble des initiatives allant dans ce sens. Un guide pratique de lutte contre la falsification de produits de santé est en cours d’élaboration. La fédération suggère qu’une campagne nationale de sensibilisation sur les dangers de la falsification auprès du grand public et des professionnels et personnels de santé pourrait avoir lieu plusieurs fois par an.

Cela ne concernerait pas la distribution (physique) de produits de santé en France qui est relativement épargnée par la contrefaçon, grâce à son système de distribution de médicaments très encadré. La vraie menace venant d’Internet où circulent de produits potentiellement dangereux car comme le rappelle la Féfis : « En France, force est de constater qu’une large majorité des contrefaçons est proposée au consommateur via des sites illicites de vente en ligne, opérant souvent hors de France et que le crime organisé s’est approprié ce secteur qui génère des milliards d’euros de chiffre d’affaires. »

Comme la sécurité du consommateur passe avant tout par la qualité des produits de santé mis sur le marché via le web, d’où cette demande émise par les industriels de santé d’une plus grande sécurisation du marché virtuel de produits de santé. Les autorités françaises et européennes ont désormais à résoudre l’équation suivante : lutter contre la prolifération des sites illicites en se dotant de moyens opérationnels efficaces tout en répondant à une demande croissante du patient-consommateur de se procurer en ligne ses produits d’automédication dont la traçabilité doit être assurée. Le feuilleton de la e-pharmacie n’en est qu’à ses premiers épisodes…

EDIT : Pour découvrir les sites autorisés à vendre des médicaments en ligne, rendez-vous ici

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *