Vers la délivrance à l’unité du médicament

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a créé la surprise, jeudi, en annonçant vouloir tester la vente des médicaments à l’unité. Une expérimentation qui vise à lutter contre le gaspillage et doit permettre à la Sécu de réaliser des économies. Cette proposition a été accueillie avec réserve par les pharmaciens.

 

La distribution de médicaments à l’unité devrait être prochainement expérimentée en France afin d’éviter le gaspillage. « Chaque Français a un kilo et demi de médicaments dans son armoire à pharmacie »,affirme la ministre de la Santé, Marisol Touraine. « Ce sont des médicaments qui ne sont pas utilisés ou qui font l’objet d’automédication dans des conditions qui ne sont pas toujours sécurisées », poursuit-elle.

 

Quantité exacte

Pour enrayer cela, la ministre entend expérimenter la dispensation à l’unité. Les pharmaciens délivreraient au patient la quantité exacte de médicaments correspondant à l’ordonnance du médecin. Les conditions de cette expérimentation doivent encore être précisées, la ministre ayant simplement indiqué que « seules des pharmaciens volontaires s’engageront dans cette démarche ».

« Nous verrons au terme de cette expérimentation comment nous pouvons la généraliser, à quel rythme et pour quels médicaments », ajoute Mme Touraine.

 

Les antibiotiques dans le viseur

Les médicaments les plus particulièrement visés sont les antibiotiques dont l’utilisation hors prescription médicale comporte des risques.

« Nous voulons lutter contre le gaspillage de médicaments, ce qui sera un facteur d’économie. Nous voulons aussi lutter pour une bonne qualité d’utilisation du médicament », ajoute la ministre.

Selon Philippe Gaertner, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, premier syndicat des pharmaciens d’officine, l’expérience aura un double but : tester la vente à l’unité mais aussi contrôler certains antibiotiques. Mais d’après lui, cela va être « un peu compliqué ».

 

Réserve des pharmaciens

De fait, les pharmaciens français ne sont pas très habitués à la vente à l’unité et donc pas très chauds. « Cela va nous poser des problèmes de logistique », témoigne un pharmacien parisien.

Le secrétaire général de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine, Gilles Bonnefond, ne croit pas à un retour à « la vente en vrac » qui remonte à un siècle. Pour lui, il y a aussi un risque à se passer des instructions qui accompagnent les boîtes de médicaments.

Le président de la fédération de l’industrie pharmaceutique (Leem), Patrick Errard, estimé lui qu’il vaut mieux tabler sur l’éducation des patients pour limiter le gaspillage des médicaments plutôt que sur la vente à l’unité.« L’intention est louable mais le moyen n’est pas du tout adapté. »,a-t-il dit, concluant que « les conditionnements qui sont décidés par la Haute autorité de santé sont généralement adaptés à la prescription et à la durée du traitement ».

Source Ouest France du 27/09/2013

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